Pour plus d'informations sur cette offre, contactez nous
LE PALMARES 2008
Palme d'Or
ENTRE LES MURS de / by Laurent Cantet
Grand Prix
GOMORRA de / by Matteo Garrone
Prix du 61e Festival de Cannes / Prize of the 61st Festival de Cannes ex-aequo
Catherine Deneuve dans / for UN CONTE DE NOËL de / by Arnaud DESPLECHIN
Clint Eastwood pour / for L’ÉCHANGE (The Exchange)
Prix de la mise en scène / Award for the Best Director
ÜÇ MAYMUN (Three Monkeys / Les Trois Singes) de / by Nuri Bilge Ceylan
Prix du Jury / Jury Prize
IL DIVO de / by Paolo Sorrentino
Prix d'interprétation masculine / Best Performance for an Actor
Benicio Del Toro dans / for CHE de / by Steven SODERBERGH
Prix d'interprétation féminine / Best Performance for an Actress
Sandra Corveloni dans / for LINHA DE PASSE de / by Walter SALLES, Daniela THOMAS
Prix du scénario / Award for the Best Screenplay
LE SILENCE DE LORNA de / by Jean-Pierre et Luc DARDENNE
EN COMPETITION - COURTS METRAGES / IN COMPETTION - SHORT FILMS
Palme d'Or
MEGATRON de / by Marian Crisan
Prix du Jury / Jury Prize
JERRYCAN de / by Julius Avery
CAMERA D'OR
HUNGER de / by Steve McQueen (Un Certain Regard)
Mention Spéciale Caméra d'Or
VSE UMRUT A JA OSTANUS (Ils mourront tous sauf moi) de / by Valeria Gaï GUERMANIKA (Semaine Internationale de la Critique)
Laurent Cantet reçoit les félicitations du jury
À l’applaudimètre, il partait favori, mais personne n’osait croire que le nouveau long-métrage de Laurent Cantet, Entre les murs, décrocherait la Palme d’or. Pourtant, c’est chose faite depuis hier soir, la prestigieuse récompense lui ayant été remise des mains de Robert De Niro. Sean Penn, président de la 61ème édition du Festival de Cannes, a souligné que cette chronique où un prof de 4ème émancipe des élèves difficiles a touché son jury à l’unanimité ! Un triomphe mérité pour Laurent Cantet tant son histoire, adaptée du roman éponyme de François Bégaudeau (aussi tête d’affiche), est pertinente, authentique, intelligente, chargée d’humour et d’émotion.
Laurent Cantet, entouré de ses 24 comédiens en herbe, âgés entre 13 et 16 ans, ne touchait plus terre après la clôture. « Je ne suis pas si surpris qu’un jury international ait été sensible à ce sujet universel. A l’école, on apprend à devenir un adulte responsable et citoyen. Le fait que ce soit un cinéaste engagé comme Sean Penn qui me donne ce prix n’est pas sans une certaine signification. Ce film s’est fait dans une espèce d’état de grâce, porté par des évidences, une légèreté, mais aussi une énergie et une force. »
Entre les murs, dont la sortie est prévue pour octobre, ressemble, selon le réalisateur, « à la société française multiple et foisonnante, et ne cherche pas à gommer les frictions ».
L’Italie, l’autre gagnant du Festival
L’Italie s’est distinguée à deux reprises : Prix du jury pour Il divo, de Paolo Sorrentino, qui brosse le portrait du Premier ministre Giulio Andreotti, et Grand Prix pour Gomorra, de Matteo Garrone, qui explore l’univers de la mafia napolitaine. Rappelons que le président du jury promettait des choix politiques lors de la cérémonie d’ouverture.
Deux prix spéciaux
Clint Eastwood, dont on prédisait qu’il remporterait la Palme avec L’Échange, le drame d’une mère brisée (Angelina Jolie) par la disparition d’un enfant.
Catherine Deneuve, qui recevait la même distinction, était quant à elle bouleversée comme une débutante sur la scène du Grand Théâtre Lumière, espérant pouvoir « continuer à tourner des longs-métrages comme Un conte de Noël d’Arnaud Desplechin. »
Le reste du palmarès
C’est Benicio del Toro qui a reçu le Prix d’interprétation masculine à l’unanimité pour sa performance exigeante dans le film fleuve de Steven Soderbergh (4 h 28 !) consacré au Che. Le comédien, qui a avoué son immense respect pour Ernesto Guevara, s’est vu remettre le prix par une Valérie Lemercier, très en forme : la comédienne a réussi à faire rire Sean Penn, un véritable exploit !
Le Prix d’interprétation féminine est revenue à la Brésilienne Sandra Corveloni pour Linha de passe, de Walter Salles.
Le Prix de la mise en scène a été décerné à Nuri Bilge Ceylan pour Les Trois Singes (Turquie), celui du scénario aux habitués du festival Jean-Pierre et Luc Dardenne pour Le Silence de Lorna (Belgique) et la Caméra d’or à Steve McQueen pour Hunger (Etats-Unis).
Fanny Thibault
∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞
Côté coulisse…
La revanche des blondes !
Cela a commencé avec l’affiche de cette 61ème édition. Une coquine platine au sourire incendiaire, qui prend l’attitude de Marilyn Monroe devant l’objectif de David Lynch… Les festivaliers ont d’ailleurs fini par démasquer l’inconnue qui pose les yeux bandés : elle s’appelle Anouk Margueritte et est danseuse au Crazy Horse.
Et puis, face aux étourdissantes brunes que sont Monica Belluci, Angelina Jolie, la franco-chinoise Mylène Jampanoï, venue pour soutenir Martyrs de Pascal Laugier au Marché du film, ou Michelle Yeoh, ambassadrice de L’Oréal, les blondes ont contre-attaqué !
Comme chaque année, Sharon Stone, sublime en fourreau léopard, a animé le traditionnel gala de l’Amfar, un dîner au célèbre Moulin de Mougins suivi d’une vente aux enchères qui a permis de récolter 6,4 millions d’euros pour la fondation de lutte contre le sida d’Elizabeth Taylor. Lors de la soirée, Madonna a dévoilé des extraits de I am because we are, le documentaire qu’elle produit sur les ravages de la maladie au Malawi, où elle a adopté son fils David.
Gwyneth Paltrow a défendu Two lovers, le drame romantique de James Gray dont elle est l’héroïne. Quant à Alice Taglioni, toujours à l’affiche de Cash où elle joue une arnaqueuse, a plumé ses adversaires (dont Salma Hayek, Dennis Hopper, Goldie Hawn, Tim Robbins) lors du tournoi de poker organisé par le groupe Partouche au Palm Beach. Elle a remporté un million de dollars. Une coquette somme qui a été reversée à deux associations caritatives.
Des Ch’tis sur la croisette
Le 21 mai, toute l’équipe de Bienvenue chez les Ch’tis, Dany Boon, Kad Merad, Line Renaud et le producteur Claude Berri ont fêté sur la Croisette le cap des 20 millions de spectateurs franchi par le film, qui peut maintenant prétendre couler le Titanic de James Cameron (20,75 millions d’entrées).
Et encore des stars !
Kristin Scott-Thomas et Tomer Sisley descendus pour promouvoir Largo Winch (sortie le 17 décembre), Jackie Chan, l’homme élastique, faisant le pitre devant les photographes, Victoria Abril, plus ibérique que jamais, la leçon de cinéma de Quentin Tarantino, Diego Maradona accompagné d’Emir Kusturica, Mathieu Kassovitz producteur engagé pour les enfants soldats en Afrique (Johnny Mad Dog) et les sans-abri (Enfants de Don Quichotte, acte 1), Philip Seymour Hoffman, Robert De Niro… : vivement le 62ème Festival de Cannes !
Fanny Thibault
ADORATION réalisé par Atom EGOYAN
BLINDNESS réalisé par Fernando MEIRELLES
CHE réalisé par Steven SODERBERGH
DELTA réalisé par Kornel MUNDRUCZO
ENTRE LES MURS réalisé par Laurent CANTET
ER SHI SI CHENG JI (24 CITY) réalisé par Zhangke JIA
GOMORRA réalisé par Matteo GARRONE
IL DIVO réalisé par Paolo SORRENTINO
L'ÉCHANGE réalisé par Clint EASTWOOD
LA FRONTIÈRE DE L'AUBE réalisé par Philippe GARREL
LA MUJER SIN CABEZA réalisé par Lucrecia MARTEL
LE SILENCE DE LORNA réalisé par Jean-Pierre et Luc DARDENNE
LEONERA réalisé par Pablo TRAPERO
LINHA DE PASSE réalisé par Walter SALLES, Daniela THOMAS
MY MAGIC réalisé par Eric KHOO
PALERMO SHOOTING (RENDEZ-VOUS A PALERME) réalisé par Wim WENDERS
SERBIS réalisé par Brillante MENDOZA
SYNECDOCHE, NEW YORK réalisé par Charlie KAUFMAN
TWO LOVERS réalisé par James GRAY
ÜÇ MAYMUN (LES TROIS SINGES) réalisé par Nuri Bilge CEYLAN
UN CONTE DE NOËL réalisé par Arnaud DESPLECHIN
WALTZ WITH BASHIR (VALSE AVEC BASHIR) réalisé par Ari FOLMAN
CANNES, UN FESTIVAL DE STARS
La pluie n’a pas entamé le moral des festivaliers, toujours plus nombreux à sillonner la Croisette dans l’espoir d’apercevoir des stars. Depuis l’ouverture mercredi dernier, on peut dire qu’ils ont été servis !
Angelina Jolie, voluptueuse en robe de soirée émeraude, a monté les marches au bras de Brad Pitt à l’occasion de l’avant-première de Kung Fu Panda, le nouveau film d’animation des studios DreamWorks dans lequel elle prête sa voix à une tigresse. La comédienne a bien confirmé qu’elle attendait des jumeaux pour l’été.
Penélope Cruz accompagnait Woody Allen pour Vicky Cristina Barcelona, dans lequel le cinéaste new-yorkais raconte une histoire de ménage à trois sous le soleil brûlant de la cité catalane.
Toute l’équipe d’Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal ont foulé le tapis rouge hier soir, déclenchant l’hystérie collective dans la rue : Steven Spielberg et son épouse Kate Capshaw, Harrison Ford, George Lucas, sans oublier le jeune et talentueux Shia LaBeouf, remarqué l’an dernier dans Transformers.
Côté français, la Palme du glamour est allée sans hésiter à la famille du nouveau long-métrage d’Arnaud Desplechin, Un conte de Noël : Catherine Deneuve et sa fille Chiara Mastroianni, Emmanuelle Devos, Anne Consigny, Melvil Poupaud et Mathieu Amalric, qui vient d’achever le tournage du dernier James Bond.
En ville, on a pu croiser devant le casino, Mike Tyson, le boxeur qui a inspiré James Toback au point de lui consacrer un documentaire, et Tommy Lee Jones à la gare ce matin.
Will Smith serait aussi à Cannes pour soutenir sa femme Jada Pinkett, qui présente au Marché du film sa première réalisation intitulée The Human Contract, un thriller érotique avec Paz Vega !
La bellissima Monica Bellucci, Vincent Cassel et leur petite Deva, John Woo, Spike Lee, Jean-Claude Van Damme, on ne sait plus où donner de la tête !
A CANNES, ON NE DORT PAS !
Les salles bondées, le célèbre mur de photographes, juchés sur des escabeaux pour avoir le meilleur angle de vue possible, des badauds désespérés qui cherchent en vain des invitations pour les projections officielles, des soirées organisées par les rois de la nuit parisienne (Jean Roch, David et Cathy Guetta), par les grands studios hollywoodiens (Paramount pour Kung fu panda), les bijoutiers (Chopard) et les chaînes de télévision (Canal+), un feu d’artifice : Cannes se vit 24 heures sur 24 et on dort peu !
« Ce qu’il y a de vraiment formidable ici, c’est de croiser à 4 h 00 du matin au Petit Majestic des gens comme Martin Scorsese et de discuter avec eux, souligne Mathieu Amalric. Hier, j’ai été abordé par Nanni Moretti, que j’admire énormément. Il m’a serré la main pour me féliciter. Je n’en revenais pas ! Cannes, c’est un festival précieux qui prouve avec des films différents qu’il n’y a pas plusieurs humanités mais bien une seule. On peut autant aimer les Ch’tis que Robert Bresson. Et se sentir proche de la sensibilité taïwanaise. Les barrières s’effondrent. »
Fanny Thibault
∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞∞
QUI AURA LA PALME ?
Au terme des cinq premiers jours de compétition, deux films sortent du lot : Waltz with Bashir, d’Ari Folman, un documentaire d’animation israélien qui revient sur le massacre de camps de réfugiés palestiniens dans les années 1980. Ce brûlot pourrait bien figurer au palmarès : le président du jury, Sean Penn, est connu pour son engagement politique. Sans oublier que 2008 marque le 60e anniversaire de l’État hébreu.
Dans un autre registre, le cinéaste français Arnaud Desplechin étudie les répercussions de la mort d’un enfant sur toute sa famille dans Un conte de Noël. Entre non-dits et règlements de compte, la vie de ses membres va basculer au cours d’un réveillon.
Mais les jeux ne sont pas encore faits puisque, demain matin, le nouveau drame de Clint Eastwood, L’Échange, est projeté. L’histoire ? Une mère dont le fils est kidnappé ne désespère pas de le retrouver, malgré les recherches infructueuses de la police. Après plusieurs années, on lui présente un enfant correspondant à son signalement, mais est-ce vraiment le sien ?
SURPRISES ET PLAISIRS DU COTE DES AVANTS-PREMIERES
Woody Allen a créé la surprise avec son Vicky Cristina Barcelona, une comédie sensuelle où il met en scène un ménage à trois composé de Scarlett Johansson, Penélope Cruz et Javier Bardem. Caliente !
Quant à Steven Spielberg, il nous a régalés avec le quatrième volet des aventures d’Indiana Jones, dont l’humour bon enfant, l’esprit décalé et l’action efficace sont très fidèles à la saga. Même avec quelques années de plus au compteur, Harrison Ford n’a rien perdu de son panache légendaire. « C’est une joie de retrouver ce personnage en quête de vérité. L’incarner a demandé un investissement physique de ma part. En même temps, les cascades à l’ancienne sont à échelle humaine. »
UNE CAMERA D'OR SOUS HAUTE TENSION
The Chaser, qui concourt pour la Caméra d’or, révèle un réalisateur, Na Hong-jin, 34 ans, encore en école de cinéma, et témoigne du dynamisme du cinéma coréen. Cet excellent thriller raconte comment un proxénète se met à poursuivre un tueur en série pour sauver l’une de ses prostituées tombée dans ses griffes. La tension de ce premier film maîtrisé scotche littéralement le spectateur à son fauteuil.
TENDANCES EN MARGE DE LA SELECTION
Dans le cadre de la Semaine internationale de la critique, Moscow, Belgium semble favori. Christian Van Rompaey, le seul Flamand à Cannes, est abasourdi par l’accueil chaleureux du public à l’égard de cette tragi-comédie romantique pleine de fraîcheur et de simplicité, malgré des situations galvaudées.
Tokyo !, triptyque international de moyens-métrages (Michel Gondry, Leos Carax, Bong Joon-ho), éclaire sur différents aspects de la capitale japonaise à travers un traitement fantastique (Un certain regard).
Tandis que Mathieu Amalric cherche à retrouver l’inspiration grâce à une secte dans De la guerre de Bertrand Bonello, présenté dans la Quinzaine des réalisateurs, qui fête aujourd’hui son quarantième anniversaire.
Fanny Thibault
LA SELECTION OFFICIELLE EN COMPETITION