Votre historique
Julian Schnabel
Julian Schnabel
Biographie
Artiste-peintre et réalisateur new-yorkais, Julian Schnabel raconte cette première expérience dans la langue de Molière.
Comment avez-vous réagi en apprenant votre sélection en compétition à Cannes ?
Je suis heureux. Comme j’ai tourné Le Scaphandre et le papillon en France, je voulais d’abord le montrer au public français. Vous savez, je n’ai rien à perdre. Le film est terminé. Cannes, c’est la chantilly qui recouvre le gâteau. Cela dit, j’ai très envie de voir comment va réagir une salle de 200 personnes. Je suis sûr qu’ils vont pleurer !
Quand avez-vous découvert Le Scaphandre et le papillon ?
Alors que j’en faisais la lecture à un ami qui était hospitalisé. Je suis donc allé à Berck rencontrer tous ceux qui s’étaient occupés de Jean-Dominique Bauby. Des êtres humains qui éprouvent une immense empathie pour leurs patients. Ils ont choisi de venir en aide aux autres. Ce qui en soi est extraordinaire. Ils les nourrissent, les lavent, se soucient de leur sort, les aiment tout simplement. Beaucoup d’entre eux apparaissent dans le film, notamment celui qui assure la rééducation en milieu aquatique. Les handicapés, « mon bataillon d’éclopés » comme je les surnommais affectueusement, sont de vrais pensionnaires de l’établissement. Ils souffrent d’être marginalisés à cause de leur maladie. J’ai sympathisé en particulier avec un garçon, Jérôme. La jeune actrice qui incarne la fille de Jean-Dominique n’osait pas lui demander ce qui lui était arrivé. Il lui a dit qu’il était paralysé des jambes depuis la naissance. La glace rompue, ils ont discuté normalement.
Vous dirigez pour la première fois une équipe française et en français dans le texte !
C’était plus crédible à mon sens. Je me débrouille en français, mais j’avais parfois besoin d’aide. Je continue d’apprendre des mots dans le dictionnaire. Je me fie à leur musicalité. Ça leur donne presque un sens nouveau.
Vous adoptez un ton très respectueux face à la tragédie.
Si Jean-Dominique garde son sens de l’humour, c’est parce qu’il a réussi à conserver sa dignité. Je prends un peu de distance, ce n’est pas un film sentimental. J’aime la scène où une infirmière l’amène se faire bénir à l’église, contre sa volonté. Bien que leurs intentions soient bonnes, il est à la merci des autres. En outre, dans son état, la frontière entre rêve et réalité est floue.
Pourquoi avez-vous choisi Mathieu Amalric pour le rôle de Jean-Dominique Bauby ?
Je l’avais rencontré il y a quelques années quand j’étais juré au Festival de San Sebastian. Je l’avais adoré dans le film d’Olivier Assayas, Fin août, début septembre, avec Jeanne Balibar. Au départ, j’avais choisi mon ami Johnny Depp, surtout qu’il parle français. Mais il était débordé et a fini par se désister. Je me suis souvenu de Mathieu et j’en ai parlé à ma productrice Kathleen Kennedy, avec qui il venait de faire Munich de Steven Spielberg. Une sacrée coïncidence !
Filmographie de Julian Schnabel
- Jean-Michel Basquiat : The Radiant Child - Acteur
- Miral - Réalisateur
- Berlin - Réalisateur
- Le Scaphandre Et Le Papillon - Réalisateur
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