Comédie de Tonie Marshall
avec Edouard Baer, Nathalie Baye...
Durée : 1H32
Tout public
Sortie prévue le 16 avril 2008
Neuf ans après Vénus beauté institut, Tonie Marshall retrouve Nathalie Baye pour un road-movie plein de fantaisie. Une affaire de gros sous et de pouvoir.
Darry Marzouki, un prestidigitateur au chômage, pique la BMW de son beau-frère – un type borné plutôt brut de décoffrage – sur un coup de tête et aperçoit, abandonné au bord de la route, un sac Hermès avec un manteau de vison posé dessus. Il s’arrête et découvre dans ce sac des millions, avant de voir sa propriétaire, une bourgeoise chic, en fuite, avec qui tout peut arriver… Par amour, Irène Montier-Duval a servi d’intermédiaire dans une vente d’armes entre un ministre français et la Corée. L’affaire s’est ébruitée. Le ministre veut lui faire porter le chapeau. Irène propose à Darry de le payer pour qu’il la conduise à Genève. Il refuse, prétextant devoir se rendre au sommet antimondialisation de Locarno. Tout les oppose. Mais pour le dépressif et « l’emmerdeuse » commence une aventure inoubliable. À leurs trousses, des Coréens, la DST, un ministre et le beau-frère…
Tonie Marshall nous fait là un joli tour de passe-passe ! Tout en abordant un nombre considérable de sujets : la maladie d’Alzheimer, le trafic d’armes, le syndrome de Gilles de la Tourette, la corruption politique, les altermondialistes, le luxe, la gastronomie, la violence, l’amour, la solitude…, son savoureux road-movie joue sur la fantaisie mais aussi sur l’émotion. Si la fantasque héroïne rappelle Christine Deviers-Joncour, celle qui s’autoproclama « putain de la République », le film arpente des sentiers plus abracadabrantesques. Passe-Passe est aussi l’occasion pour la réalisatrice de retrouver Nathalie Baye presque dix ans après Vénus beauté institut. Dans la peau de ce personnage sur un fil entre le burlesque, l’énergie et même le pathétique, la comédienne irradie et forme avec Édouard Baer un duo étonnant, aussi improbable que réjouissant. Le tout complété par une délicieuse galerie de seconds rôles. Jubilatoire !
« Le fait que ce soit une parfaite emmerdeuse m’a plu ! Une femme qui se mêle de tout, qui estime que tout lui est dû. Une aventurière un peu fofolle qui ne pense qu’à elle, qui veut que ça avance, qui a forcément un avis sur tout… Pas antipathique mais réellement pénible. Et que l’on sent en même temps assez fragile, assez désemparée, très vite border-line. »
Nathalie Baye
Chaque mardi, des séances
à seulement 3,50 €
partout en France.
Le magazine Dimension Cinéma du mois de décembre 2008 est en salles