Ce film a reçu le label Coup de Coeur des cinémas Gaumont Pathé
Thriller de Christian Carion
avec Alessandra Maria Lara, Emir Kusturica, Guillaume Canet...
Durée : 1h52
Tout public
Sortie prévue le 23 septembre 2009
Comment une taupe au cœur du KGB a livré à la France des documents ultrasecrets qui ont ébranlé le bloc soviétique et contribué à l’éclatement du rideau de fer. Un imbroglio politique entre CIA et services secrets français… mené par deux pointures du cinéma, Guillaume Canet et Emir Kusturica.
Comment une taupe au cœur du KGB a livré à la France des documents ultra-secrets qui ont ébranlé le bloc soviétique et contribué à l’éclatement du rideau de fer.
Au début des années 1980, l’élection de Reagan a ravivé l’animosité entre l’URSS et les États-Unis. La guerre froide est entrée dans une nouvelle ère de glaciation. À Moscou, le colonel Sergueï Grigoriev, membre du KGB, est écœuré par le système soviétique. Décidé à le faire tomber, il prend contact avec un jeune ingénieur français en poste à Moscou, Pierre Froment.
Bientôt, les données ultra-confidentielles qu’il lui remet captivent les plus hauts dignitaires français, jusqu’à François Mitterrand. Tous apprennent alors qu’un gigantesque réseau d’espionnage permet aux Soviétiques de tout connaître des recherches scientifiques, industrielles et militaires à l’Ouest ! À peine élu, le président français voit là l’occasion de renouer des liens avec Ronald Reagan, alors vraiment ulcéré par l’entrée de ministres communistes dans le gouvernement français. Les services français demandent donc à Pierre Froment de continuer à collecter les précieuses informations de la taupe moscovite baptisée… Farewell. Père de famille sans histoires, il se retrouve précipité malgré lui au cœur de l’une des affaires d’espionnage les plus stupéfiantes du XXe siècle.
1. Pour le sujet historique. Encore jamais traité au cinéma, c’est pourtant « l’une des plus grandes affaires d’espionnage du XXe siècle », selon Ronald Reagan. En effet, Farewell aura contribué à la chute du rideau de fer en affaiblissant considérablement son système d’espionnage industriel et militaire mis en place à l’Ouest.
2. Pour l’intelligente mise en scène de Christian Carion, qui s’est librement inspiré des faits connus ou supposés, sans trahir l’essentiel : la portée historique de cette affaire. Et nous fait sans cesse traverser le miroir, changer de côté – russe, français, américain –, afin de nous faire comprendre les tenants et les aboutissants.
3. Parce que c’est un thriller, mêlant espionnage et géopolitique, doublé d’une dimension humaine. Christian Carion a réussi à donner une épaisseur humaine aux personnages, en en faisant des êtres faillibles et complexes.
4. Pour l’efficace duo d’acteurs. Guillaume Canet est d’une justesse stupéfiante et irréprochable en homme ordinaire dépassé par les événements. Quant au cinéaste Emir Kusturica, il se voit enfin proposer un grand rôle. Loin de l’univers gitan et des musiques festives, il nous surprend et livre une performance dramatique insoupçonnée.
5. Pour la petite touche humoristique grâce à de savoureux clins d’œil à Ronald Reagan.
Qu’est-ce qui vous a intéressé dans le projet ?
Guillaume Canet : j’avais déjà trouvé le contexte historique et les personnages très forts et les différentes histoires d’amour très belles. C’est extraordinaire de se dire que cette affaire, pourtant méconnue, a eu tant de conséquences sur l’évolution du monde.
Emir Kusturica : il y avait dans le scénario une dimension humaine et une spiritualité qui m’ont touché. C’est très rare qu’on vous propose un thriller qui attache autant d’importance à la part individuelle de l’être humain.
C’est la première fois que vous jouiez ensemble…
G. C. : cela a été une très belle expérience, même si nos rapports ont été un peu tendus au départ. Emir n’est pas quelqu’un de facile à « apprivoiser » et j’ai mis du temps à comprendre l’homme. Il a un charisme extraordinaire et il y a des choses qui m’ont surpris dans sa nonchalance sur le plateau mais qui, au final, ont servi son personnage à 100 %. J’ai été épaté par sa présence à l’écran. Une fois que j’ai compris son fonctionnement et que j’ai accepté de le prendre avec distance, tout s’est très bien passé.
E. K. : nous avons des personnalités radicalement opposées. Mais, au fond, cela s’est avéré constructif pour le film. Nous avons systématiquement essayé de trouver ensemble les meilleures solutions.
Vous tournez en français et plusieurs scènes en russe. Cela vous a-t-il posé des difficultés ?
G. C. : j’ai adoré ça. Grâce au film, j’ai découvert un vrai plaisir à parler dans une langue étrangère que je ne maîtrise pas. C’est un exercice assez étrange car il faut réussir à avoir une musicalité et un rythme crédibles sur des mots qui n’ont, pour vous, aucune signification. Ce bilinguisme donne une vraie épaisseur au personnage.
E. K. : c’est ce qui m’a posé le plus de difficultés. Mais en tant que musicien, c’était un vrai défi car il faut aussi avoir une oreille musicale pour parler des langues étrangères. Bien sûr, j’ai quelques rudiments de français et de russe, mais je suis incapable de tenir une conversation.
Emir, est-ce difficile d’incarner un officier russe du KGB ?
E. K. : je n’ai jamais envisagé le personnage comme un officier du KGB. Ce qui m’a intéressé chez lui, c’était sa volonté affichée de changer le monde et sa posture singulière entre le bloc soviétique et l’Occident. Je me suis donc focalisé sur la manière dont un être humain peut influer le cours de l’histoire.
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